Encore présente sur quelques ruisseaux des Monts du Forez, la population d'écrevisse à pattes blanches décline régulièrement que ce soit suite aux sécheresses marquées de 2003 et 2005, à la forte expansion de l'écrevisse californienne ou à la moindre qualité des eaux.

 

Interdite à la pêche depuis 2003 sur le département de la Loire, on ne peut que déplorer le déclin de cette espèce autochtone emblématique de nos milieux aquatiques montagnards.

 

Par précaution, nous tairons le nom des ruisseaux sur lesquels elle vit encore, certains irresponsables ayant eu la stupide idée de vouloir repeupler certains cours d'eau avec des écrevisses californiennes !

 

 

 


L'écrevisse à patte blanche doit son nom à la teinte claire de la face interne de ses pattes marcheuses. La face supérieure est brune à olivâtre.


Elle peut mesurer jusqu'à 12cm et vit de 4 à 6 ans.


Elle a besoin d'un taux d'oxygène élevé dans l'eau et d'une température fraiche (<20°C).


Son régime alimentaire est omnivore, composé de débris animaux et végétaux, d'invertébrés aquatiques.


Le reproduction à lieu à l'automne, l'incubation des œufs est longue de 6 à 8 mois.

Après l'éclosion, les juvéniles restent accrochés sous le ventre de leur mère pendant quelques jours avant de s'émanciper après une première mue.


Leur croissance est lente, de 1 à 2 cm par an.


Pour rappel, la maille, lorsque sa pêche était encore ouverte dans la Loire, était de 9cm - mesure de la pointe du rostre (tête) à l'extrémité du teson (queue)

Comme évoqué en préambule, sa disparition progressive peut s'expliquer principalement par 3 raisons : 


Son exigence d'une excellente qualité de l'eau - que ce soit l'eau en elle-même mais aussi son habitat -   la rend très sensible à la dégradation du milieu dans lequel elle vit (drainage, piétinement bovin des berges et dans le lit d’un cours d’eau, nitrates,...). 

Elle est par exemple beaucoup plus sensible aux nitrates que la truite.


Comme elle se déplace plus difficilement qu’une truite, elle est également plus sensible  aux aléas climatiques. En effet l’écrevisse ne peut « changer » de secteur lorsque le manque d’eau se fait sentir - la sécheresse de 2003 avait été fatale à de nombreuses populations. 


La 3ème raison est la progression de l’écrevisse californienne (également nommée écrevisse signal) – espèce invasive d’origine nord-américaine - issue d’introductions volontaires (1973 en France) car plus grosses que notre écrevisse à pattes blanches. Elle se reconnaît principalement par une tâche blanchâtre à la jonction des 2 pinces.

Cette espèce est porteuse « saine » d’une maladie (l’aphanomycose surnommée peste de l’écrevisse) qu’elle transmet aux autres espèces. Ainsi lorsque notre écrevisse «locale » se retrouve en contact avec l’écrevisse californienne, elle est contaminée par cette maladie mortelle ; la population entière d’un ruisseau peut ainsi disparaître en quelques semaines. La pêche de cette espèce invasive, classée nuisible, est autorisée – le transport  d’écrevisses vivantes est par contre interdit, pour éviter toute dissémination. 


L’écrevisse à pattes blanches est aujourd’hui cantonnée aux têtes de bassins. On la retrouve encore sur plusieurs petites ruisseaux des Monts du Forez mais la progression rapide de l’écrevisse californienne, qui a déjà colonisé l’Aix jusqu’à Saint-Just en Chevalet par exemple, remonte progressivement le Lignon au fil des années.