Evolution climatique et Impact sur les populations de truite fario

Le contexte climatique évolue.

 

Outre l'augmentation de la température moyenne, les constats sont :

  • l'augmentation de la variation brusque des températures (en hiver il n'est plus rare de voir des variations de température de plus de 20° en 2 jours et quand ca s'accompagne d'un épisode pluvieux sur la neige, ça donne les crues historique de janvier 2018 et Février 2021 )
  • des phénomènes pluvieux plus intense
  • des périodes de sécheresse plus fréquentes - qui reviennent chaque année (sécheresse automnale d e2015 à 2020)

Par le passé il y a toujours eu des sècheresse (1921, 1949, 1976, 2003).

Mais ces années sèches étaient suivies pas des années pluvieuses.

Ce qui est moins le cas de nos jours. de 2015 à 2020, nous avons connu 6 années avec une période de sécheresse (fin été / début automne) et de gros coups de chaleur.

 

En gros, on est en train de ressembler aux cévennes (département du Gard) et nos cours d'eau aux gardons cévenols (des assecs partiels, un étiage sévère et des crues "monstrueuses")

Impact des crues sur le renouvellement de la population de truites farios

 

Plusieurs périodes dans l'année sont critiques pour le "recrutement" en juvénile :

 

En Avril-Mai : A cette époque de l'année, alors que les alevins sont en pleine émergence, un coup d'eau peut avoir des conséquences néfastes.

Sur les dernières années on avait eu :

  • le 31/05/2010 : 8.8 m3/s
  • le 29/04/2012 : 9 m3/s
  • le 01/05/2013 : 22.3 m3/s
  • le 02/05/2014 : 4.98 m3/s
  • le 01/04/2015 : 8.35 m3/s
  • le 29/05/2016 : 12.2 m3/s
  • le 04/04/2018 : 15.1 m3/s

En 2016, on avait eu droit a de très belles populations d'alevins lors des pêches électriques, donc le coup d'eau n'avait pas eu d'impact (mais il était fin Mai)

En 2014, on avait eu des alevins en quantité moyenne (mais le coup d'eau était moins marqué que cette année)

En 2018, tout avait été balayé en janvier, donc...(seuls quelques ruisseaux avaient sauvé l'honneur)

En 2013, où on peut parler de très gros coup d'eau (débit instantané très fort mais moyenne journalière plus faible qu'une crue ) on avait retrouvé des alevins sur les ruisseaux et petites rivières (Lignon à Jeansagnière) mais quasiment aucun sur le Lignon au Pont-Neuf !!!

 

Au coeur de l'hiver : La fonte rapide de la neige (notamment lors d'un redoux très pluvieux) génère des crues dévastratrices, avec des débits instantannés phénoménaux. Les frayères en pleine rivière sont litéralement balayées. Il n'y a alors aucun recrutement en juvénile.

Seuls les petits ruisseaux permettent alors de fournir une cohorte de juvénile. 

  • 4 janvier 2018 : aucun alevin sur le Lignon. Quelques uns constatés sur des petits ruisseaux comme la Planchette

 

Cette résilience des petits ruisseaux est le fondement de notre volonté de les préserver et de les restaurer le cas échéant, volonté qui se concrétise à travers les projets engagés sur le payonnet, le sagnat, le verdier et l'essende !!!

 

Au sujet des crues, sur les 10 dernières années, voici le classement avec le débit instantané (le classement est effectué selon le QJM = débit journalier moyen, ce qui explique que les 22.3 m3/s instantanné du 01/05/2013 ne figure pas dans ce classement):

  • le 04/01/2018 : débit instantané = 86.6 m3/s (crue de fréquence de retour centennale)
  • mi-Février 2021 : débit instantanné = 56 m3/s
  • le 08/08/2013 : débit instantané = 54.5 m3/s (crue de fréquence de retour cinquantennale)
  • le 30/03/2015 : 25.4 m3/s
  • le 31/12/2011 : 23.4 m3/s
  • le 22/11/2016 : 21.5 m3/s

le constat

L'étude complète sur la truite fario (état des populations, croissance, génétique) réalisée par le service technique de la FD42 nous a plus que conforter dans notre politique de gestion.

  1. Les populations sont en bon état : les densités sont globalement bonnes - seules les conditions naturelles (altitude, morphologie de certains secteurs) limitent le développement des populations de truites fario. Ce qui démontre que la reproduction naturelle fonctionne bien et permet le renouvellement régulier  de la population, malgré les aléas climatiques.
  2. L'étude scalimétrique pour déterminer la croissance des truites démontre une grande variabilité de la croissance des truites en fonction de l'altitude. Si sur les hautes chaumes, la truite est mature à 14cm (apte à se reproduire), plus on descend, plus la croissance est rapide et une truite du lignon de plaine devient mature à 25cm. Sur la partie basse de notre secteur (Lignon en amont de Pontabouland, confluence du Cotayet et du Bouchat) la maille de 20 cm est limite. La maille est la taille légale de capture qui permet au poisson de se reproduire au moins une fois avant de finir dans le panier d'un pêcheur.
  3. L'étude génétique démontre également le diversité génétique d'un bassin à l'autre. Les truites du Lignon sont "différentes" des truites du Vizézy. De même, d'un ruisseau à l'autre, on constate également des différences. Ce qui signifie, d'une part qu'il n'y a pas eu une introgression marquée par les truites lâchées  il y a 30 ou 40 ans et, d'autre part, que les truites de souche sont parfaitement adaptées aux conditions locales.

Cette remarquable étude est consultable sur le site de la Fédération de Pêche de la Loire


l'impact du milieu sur la truite fario